Commentaires sur les stages de seifuku et de katsu

Attention, ces écrits ne dispensent pas de recevoir un enseignement direct!

Cher budoka, Cher partenaire,

C’est avec plaisir que j’écris ces quelques lignes au sujet des deux stages donnés à Genève le 18 novembre 2006 et le 3 mars 2007, concernant les techniques de seifuku et de katsu.

Tout d’abord, je remercie très chaleureusement tous les participants qui ont fait le déplacement, afin d’apprendre et de pratiquer des techniques de soins. Ces dernières peuvent se révéler comme des moyens permettant de sauver la vie de ses partenaires.

Il est vrai que le contexte médico-légal dans lequel notre société baigne, nous incite à la prudence. Le paradoxe étant d’être juridiquement attaqué, par celui-là même que l’on essaie de sauver. Peut-être faudrait-il disposer dans chaque dojo, d’un document déjà rédigé, donnant une décharge à celui qui serait amené à tenter de vous sauver la vie.

Les problèmes majeurs sont de deux types :

L’exécution de techniques volontairement dangereuses pouvant entraîner de graves accidents, par exemple : [a] ne pas accepter de chuter et de poser la main ou la tête sur le sol, pour ne pas”subir” un ippon ;[b] faire chuter le partenaire sans contrôle — ni de la hauteur, ni de sa trajectoire — “pourvu qu’il tombe” ; [c] étrangler ou faire une clé de bras sans contrôle, avec pour seul but de gagner, etc. ;

Le fait que les enseignants d’arts martiaux sont pour la plus grande part, partiellement, voire totalement, ignorants des techniques de katsu ou/et de seifuku.

Ceci met en danger leurs partenaires, leurs élèves.

Je prétends que si l’on enseigne l’étranglement, il faut connaître les techniques qui réaniment. Si l’on apprend une clé de bras, il faut savoir protéger ou remettre l’articulation, ceci étant une obligation morale, éthique, qui est fort bien résumée dans l’adage “Jita Kyoe” (bienfait et entraide mutuelle).

Sans cela, la pratique des arts martiaux reviendrait à donner un fusil à un singe.

Après ces quelques considérations d’ordre éthique, j’ai beaucoup insisté — lors du cours de seifuku — sur le fait de ne pas pratiquer les techniques apprises, ou alors de le faire en pleine conscience. Conscience de ce que l’on fait, de comment on le fait, et des éventuelles conséquences (juridiques, physiques, etc.). Nous avons ainsi le choix entre contempler ou agir.

Quant aux katsu de réanimation devant faire suite à un étranglement, l’action s’impose. Point de réflexion : il y a lieu d’agir. Encore faut-il savoir comment faire !

Le stage de seifuku nous a permis d’aborder les techniques relatives aux traumatismes articulaires, et principalement aux luxations. Nous avons pris le temps d’aborder l’appareil ostéo-articulaire, grâce à l’aide précieuse d’un squelette humain (non vivant pour l’occasion). Il est très difficile de travailler avec des partenaires sains et d’imaginer qu’ils seraient blessés. Grâce à la bonne volonté de chaque participant, ce travail fut très riche et propice à l’accès à cette connaissance. Nous avons essayé de rester proches des besoins des pratiquants d’arts martiaux et ainsi de réfléchir sur les blessures qu’ils pourraient rencontrer. Par exemple les luxations de coude, de mâchoire, des doigts, etc. (cf. photos). Pour clore ce séminaire, nous avons pratiqué un shiatsu de détente.

En guise de conclusion, j’insiste sur l’existence d’une responsabilité médico-légale et du choix que chacun doit être en mesure de décider avec le savoir acquis.

Pascal